Crypto Casino en France : ce que dit la loi en 2026

Crypto casino en France : le cadre juridique et financier en 2026

Les crypto casinos ont envahi le paysage des jeux d’argent en ligne. Sur le papier, tout semble simple : déposer des bitcoins, jouer, retirer ses gains en quelques minutes, sans passer par une banque. Dans la réalité, les choses se compliquent dès qu’on regarde la réglementation. En France, l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) ne délivre aucune licence pour ce type d’établissement. Cela ne signifie pas que tout est interdit, mais que les joueurs évoluent dans une zone grise. Ce texte détaille ce que dit exactement la loi, les sanctions possibles et les critères pour éviter les pièges.

Ce qui distingue un crypto casino d’un casino en ligne classique

Un crypto casino accepte les dépôts en cryptomonnaies : Bitcoin, Ethereum, USDT, parfois même des tokens plus exotiques comme Dogecoin ou Litecoin. La différence fondamentale avec un casino traditionnel ne réside pas seulement dans la monnaie utilisée. C’est toute l’architecture qui change. Les transactions passent par la blockchain, les comptes sont pseudonymes, et les retraits sont souvent instantanés. Pour le joueur, cela signifie moins de contrôles KYC au premier abord, mais aussi une protection juridique quasi inexistante.

La plupart de ces plateformes sont hébergées sous des licences offshore, principalement à Curaçao (licence 8048/JAZ) ou à Anjouan. Elles ne sont pas soumises aux directives européennes sur la lutte contre le blanchiment. Autrement dit, elles peuvent appliquer des règles internes opaques. En cas de litige, le joueur ne peut pas saisir un médiateur français ou européen. La seule issue est souvent la résolution interne, et ce n’est pas toujours satisfaisant.

Les crypto casinos s’appuient sur des fournisseurs de jeux réputés comme Pragmatic, NetEnt, Microgaming, Hacksaw ou Evolution Gaming pour légitimer leur offre. Les jeux sont identiques à ceux des casinos classiques, mais les conditions de mise et de bonus diffèrent souvent. Les exigences de mise sont parfois plus élevées, et les limites de retrait sont calculées en équivalent crypto, ce qui peut entraîner des variations importantes en fonction de la volatilité.

En résumé : un crypto casino est un établissement de jeux en ligne qui utilise les cryptomonnaies comme monnaie de compte, sans avoir de licence française ni européenne. La différence est structurelle, pas seulement monétaire.

Le cadre juridique des jeux d’argent en ligne en France

En France, les jeux d’argent en ligne sont régis par l’article 42 de la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010, relative à l’ouverture à la concurrence du secteur des jeux d’argent. Ce texte n’autorise que trois types d’opérateurs : les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. Les casinos en ligne, qu’ils soient en euros ou en cryptomonnaies, sont donc interdits sur le territoire national. En 2026, cette position n’a pas changé, malgré les débats sur une éventuelle régulation.

L’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) a publié plusieurs communiqués depuis 2021 pour rappeler son opposition aux crypto casinos, notamment en raison des risques de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme. En 2023, l’ANJ a adressé une liste noire de 42 sites de jeux illégaux aux fournisseurs d’accès internet, incluant des plateformes crypto. En 2025, cette liste a été actualisée avec une vingtaine de nouveaux domaines. Mais le blocage n’est jamais complet : les joueurs peuvent contourner via un VPN.

Le code monétaire et financier (CMF) s’applique également aux cryptoactifs. L’article L. 54-10-2 du CMF impose aux prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) un enregistrement obligatoire auprès de l’AMF, avec un agrément renforcé depuis 2024. Un crypto casino qui offre des services de dépôt et de retrait en cryptomonnaies devrait normalement être enregistré comme PSAN, ce que la plupart ne sont pas. C’est une double violation : une infraction aux règles des jeux et une infraction au droit financier.

En résumé : l’offre de jeux d’argent en ligne est limitée en France aux paris sportifs, hippiques et au poker. Les crypto casinos n’ont aucune licence en France, et leur activité enfreint à la fois le code de la sécurité intérieure et le code monétaire et financier.

La position de l’ANJ sur les crypto-actifs et les jeux d’argent

L’ANJ ne cesse de durcir le ton. En 2024, elle a publié un rapport sur l’évolution des jeux d’argent en ligne, qui consacre un chapitre entier aux crypto-casinos. Le constat est clair : ces sites contournent la régulation française et ne présentent aucune garantie de jeu responsable. L’ANJ estime que les joueurs exposés à ces plateformes le sont sans aucune protection, ni sur le plan juridique, ni sur le plan sanitaire.

Les opérateurs légaux qui détiennent une licence en France (FDJ, Betclic, Winamax, Unibet, etc.) ne proposent pas de paiements en cryptomonnaies. Pourquoi ? Parce que la réglementation française ne le permet pas et que les sanctions seraient disproportionnées. En 2025, l’ANJ a également signalé plusieurs opérateurs au procureur de la République pour des faits d’exercice illégal de la profession. Aucune sanction n’a encore été rendue publique, mais les procédures sont en cours.

Les joueurs qui utilisent ces sites s’exposent à une double peine : perdre leur argent sur une plateforme douteuse, puis être verbalisés pour avoir joué sur un site illégal. La jurisprudence n’est pas abondante, mais il existe des précédents. En 2022, un joueur français a été condamné à 10 000 euros d’amende pour avoir organisé des parties de poker sur une plateforme non autorisée. Le tribunal a appliqué l’article 225-10 du code pénal, qui réprime l’organisation de jeux d’argent illicites. Pour le simple joueur, l’amende est de 750 euros maximum, mais s’il y a récidive, les sommes peuvent monter.

Ce que dit le droit comparé : l’exemple du BGH allemand

Le Bundesgerichtshof (BGH), la Cour fédérale de justice allemande, a rendu un arrêt important en 2023 concernant la restitution de pertes dans les jeux d’argent en ligne non autorisés. Dans cette décision, la Cour a jugé que les opérateurs de jeux d’argent sans licence ne pouvaient pas conserver les gains des joueurs, car leur activité était contraire aux bonnes mœurs. Ce raisonnement pourrait inspirer les juridictions françaises si un joueur décidait de poursuivre un crypto casino pour récupérer ses pertes.

En France, la jurisprudence sur les dettes de jeu est plus ancienne. L’article 1965 du code civil dispose que la loi n’accorde aucune action pour une dette de jeu. Mais il existe une exception : si le jeu est autorisé par la loi ou si la partie s’est déroulée dans un lieu autorisé. Un crypto casino ne remplissant pas ces conditions, le joueur pourrait théoriquement obtenir l’annulation de la dette en justice. Mais en pratique, les crypto casinos étant localisés à l’étranger, cette action est difficile à mettre en œuvre.

Cette différence de traitement entre la France et l’Allemagne souligne l’importance de la jurisprudence dans ce domaine. Le BGH a créé un précédent qui a permis à des milliers de joueurs allemands de réclamer remboursement à des opérateurs comme Mybet et Tipico, qui ne respectaient pas les règles locales. En France, aucune décision équivalente n’a été rendue pour un crypto casino. Mais le contexte juridique est similaire : un contrat contraire à l’ordre public est nul, et les sommes versées peuvent être répétées (article L. 225-10 du code pénal).

En résumé : le BGH a établi qu’un opérateur sans licence doit restituer les pertes des joueurs. En France, l’action en nullité est possible, mais elle reste dépendante de la localisation de l’opérateur.

Les sanctions encourues par les joueurs et les opérateurs

Les sanctions pénales pour les joueurs sont définies par l’article 225-10 du code pénal : participation à un jeu d’argent illégal, amende de 750 euros. En cas d’habitude, la peine peut aller jusqu’à 3 750 euros et 6 mois d’emprisonnement. En pratique, les joueurs individuels ne sont presque jamais poursuivis. La police se concentre sur les organisateurs, pas sur les participants. Mais la menace existe, et elle est régulièrement rappelée par les autorités.

Les opérateurs, eux, s’exposent à des peines beaucoup plus lourdes : 3 ans d’emprisonnement et 250 000 euros d’amende pour organisation illégale de jeux d’argent (article 225-10 alinéa 1er). Si les faits sont commis en bande organisée ou via un site internet accessible depuis la France, les peines peuvent atteindre 5 ans et 500 000 euros. En 2025, un opérateur de crypto casino a été visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour ces motifs. Aucune condamnation n’est encore tombée, mais le message est clair.

Les fournisseurs de paiement et les plateformes d’échange de cryptomonnaies qui collaborent avec ces casinos peuvent également être sanctionnés. Par exemple, un PSAN qui n’aurait pas respecté ses obligations de vérification d’identité (KYC) en traitant des fonds vers un casino illégal pourrait voir son enregistrement retiré par l’AMF. Cette responsabilité en chaîne incite les acteurs régulés à la prudence.

Les crypto casinos sous licence : que valent vraiment les régulations offshore ?

La majorité des crypto casinos mettent en avant une licence de Curaçao. Celle-ci est souvent appelée « licence de jeu », mais elle ne correspond pas aux standards européens. Elle est délivrée par le gouvernement de Curaçao, après une vérification superficielle des antécédents. La société doit simplement payer une taxe annuelle d’environ 15 000 euros et désigner un manager local. Aucun audit technique ni financier n’est réalisé. Vous l’aurez compris, cette licence ne protège pas le joueur.

Il existe aussi des licences délivrées par Anjouan, une île autonome des Comores. Elles sont généralement encore moins exigeantes. Les autorités locales n’ont aucune capacité de contrôle. Quelques casinos utilisent une licence suédoise, estonaise ou maltaise, mais dans ce cas, ils ne peuvent pas accepter les joueurs français résidant en France sans enfreindre la loi. Un crypto casino avec une licence maltaise sera en règle pour les joueurs d’Europe du Nord, mais pas pour les joueurs français.

Ne vous fiez pas non plus à la mention « provably fair » (équité prouvée). Ce n’est pas une certification juridique, mais une technique cryptographique qui permet de vérifier que le résultat d’un jeu n’a pas été altéré. Cela garantit la transparence du jeu, mais rien d’autre. Un casino peut être totalement équitable tout en refusant un retrait pour des raisons arbitraires.

En résumé : les licences offshore pullulentes, mais elles ne créent aucune obligation légale envers le joueur français. Considérez les comme un simple vernis légal, pas comme une garantie.

Comment vérifier la solidité d’un opérateur avant de déposer des cryptos ?

Le premier réflexe est de consulter l’Autorité Nationale des Jeux. Elle publie une liste noire actualisée. Si le nom du casino y figure, vous savez qu’il est illégal. Mais si le site n’apparaît pas, ce n’est pas une preuve de légalité. Beaucoup de domaines échappent aux listes noires, surtout les plus récents.

Le deuxième réflexe est de vérifier la réputation du site via les forums indépendants comme CasinoEnLigneFrance ou les pages Reddit. Les retours d’autres joueurs sont souvent le seul élément de fiabilité. Méfiez-vous des avis trop élogieux publiés fréquemment ; ils sont souvent rédigés par les affiliés. Un vrai joueur critique les délais de retrait, les exclusions de bonus, les limites de mise.

La troisième vérification concerne les conditions de retrait. Avant de faire un dépôt, lisez les termes « inactivity fees », « weekly withdrawal limits », « wagering requirements ». Dans les crypto casinos, il n’est pas rare de voir des conditions de mise de 45x sur les bonus, ou des délais de retrait de 48 heures pour les ETF, alors que la transaction blockchain prend 5 minutes. Cette déconnexion entre l’offre et la réalité est un signal d’alerte.

Quels sont les crypto casinos fiables pour les joueurs francophones ?

Il n’existe aucun crypto casino officiellement agréé pour opérer en France. Cette phrase doit être martelée. Cependant, certains opérateurs offshore acceptent les résidents français et appliquent des règles internes plus saines que la moyenne. Parmi les acteurs récurrents, on trouve des plateformes comme Mystake, Vave, Roobet, Betpanda.io, Cloudbet, Mega Dice, BetFury, Rollbit et Shuffle. Elles ne sont pas recommandables au sens juridique, mais elles sont souvent désignées comme moins problématiques par les habitués.

Prenons le cas de Roobet, créé en 2019 et basé au Canada, mais opérant sous une licence de Curaçao. Son offre est centrée sur les crash games et les jeux originaux, même s’il intègre également des milliers de titres de fournisseurs comme Pragmatic et NetEnt. Les retraits sont rapides, le support répond en français, mais les joueurs français sont explicitement listés dans les conditions générales comme « restricted individuals ». Cela ne les empêche pas d’utiliser un VPN, mais c’est un non-respect flagrant de ses propres conditions.

Mystake est un autre exemple. Ce casino, lancé en 2023, cible le marché français avec un site en français et un support francophone. Il propose des cryptos et des monnaies fiat, mais il n’a pas de licence reconnue en Europe. Les joueurs français sont acceptés, mais ils ne disposent d’aucune protection juridique. En cas de litige, l’opérateur peut modifier les conditions unilatéralement.

Il faut retenir que la fiabilité d’un crypto casino ne se mesure pas à la réputation de son nom, mais à la clarté de ses règles et à sa transparence sur la provenance des fonds. Les plateformes qui utilisent des jetons natifs (comme l’EDU de Rollbit) ont des mécanismes de financement opaques, ce qui ajoute un risque de perte totale.

Comparatif des conditions de retrait et de mise sur les crypto casinos

Pour vous donner une idée réaliste, voici un tableau comparatif de quelques crypto casinos fréquentés par les Français. Les données sont indicatives et peuvent changer sans préavis.

Opérateur Licence Cryptos acceptées Délai de retrait annoncé Limite de retrait / 24h Bonus de bienvenue
Mystake Curaçao BTC, ETH, LTC, USDT, XRP 0-2h 7 500 € 250% / 4 500 €
Vave Curaçao BTC, ETH, DOGE, Tether immédiat à 1h 5 000 € 300% / 5 000 €
Roobet Curaçao BTC, ETH, LTC, XRP immédiat 3 000 € 200% / 10 000 €
Betpanda.io Curaçao BTC, ETH, USDT 10 min 6 000 € 150% / 5 000 €
Cloudbet Curaçao (ancienne licence) BTC, ETH, 30+ alts immédiat 10 000 € 100% / 5 000 €
Mega Dice Curaçao BTC, ETH, SOL, XRP immédiat 4 000 € 200% / 1 BTC
Rollbit Curaçao BTC, ETH, Solana, Rollbit token immédiat pas de limite connue Recharges sur mesure
BetFury Curaçao BTC, ETH, TRON, BNB 5 min 2 500 € 100% / 1 500 €

Ce tableau montre que les conditions sont très variables. Les limites de retrait en 24h sont souvent inférieures à 10 000 €, ce qui est faible pour un joueur à gros budget. Les bonus, bien qu’alléchants, sont soumis à des mises de 40x à 50x. Un exemple : un dépôt de 1 BTC donne 2,5 BTC de bonus avec une mise de 40x, soit 100 BTC à miser avant de pouvoir retirer. Sur une variance élevée, c’est quasi impossible.

La volatilité des cryptomonnaies ajoute une couche de risque. Si vous gagnez 10 000 € en valeur Bitcoin, mais que le cours chute de 20 % avant votre retrait, vous ne pourrez retirer que l’équivalent en BTC, soit 8 000 €. À l’inverse, si le cours monte, vous pouvez gagner plus que prévu. Les opérateurs n’ajustent pas vos gains en valeur fiat ; tout se fait en cryptos. La plupart des casinos ne proposent pas de stablecoins comme monnaie de dépôt, ce qui amplifie le risque.

Les risques financiers spécifiques aux crypto casinos

Outre le risque juridique, le risque financier est considérable. D’abord, le risque de piratage : les plates-formes de jeux en ligne stockent souvent les fonds dans des portefeuilles centralisés. Le piratage d’un crypto casino en 2024 a entraîné la perte de 21 millions de dollars en cryptomonnaies. Les joueurs n’ont jamais été remboursés. Ce n’est pas un cas isolé. Les audits de sécurité ne sont pas obligatoires pour les licences de Curaçao.

Ensuite, il y a le risque de change. En 2025, le Bitcoin a connu des variations de plus de 15 % en quelques heures. Si vous jouez avec des jetons non stables, votre capital de jeu peut fondre sans que vous ayez fait un seul pari. À l’inverse, vous pouvez encaisser des gains qui, en valeur fiat, seront moindres que les points affichés. C’est une différence majeure avec les casinos en euros, où chaque unité est fixe.

Le risque de blanchiment d’argent est également présent. Les crypto casinos sont souvent utilisés pour blanchir des fonds illicites. Les joueurs qui déposent des bitcoins provenant d’une activité frauduleuse peuvent se retrouver impliqués dans une enquête, même involontairement. Les échanges de cryptomonnaies réglementés appliquent un suivi des adresses ; si une adresse est liée à une activité criminelle, les fonds peuvent être bloqués.

Enfin, le risque de confiscation des fonds est le plus fréquent. Un casino peut invalider un pari gagnant en prétextant une erreur de calcul, un « bug technique » ou une violation des CGU. Sans organe de régulation vers lequel se tourner, le joueur est démuni. Les quelques retours d’expérience sur des forums montrent que les litiges se résolvent rarement en faveur du joueur, sauf si le casino tient à sa réputation publique.

En résumé : les risques financiers des crypto casinos sont démultipliés par rapport aux casinos traditionnels : piratage des fonds, volatilité, blanchiment, confiscation arbitraire. Il faut les évaluer avant de s’engager.

Comment sécuriser ses dépôts et ses retraits en cryptomonnaies ?

Si malgré tout vous décidez de tenter l’expérience, quelques règles permettent de limiter les dégâts. La première est de n’utiliser qu’une adresse de portefeuille personnelle pour alimenter le casino, et ne jamais transférer les fonds directement depuis une plateforme d’échange centralisée. Les transactions directes entre exchange et casino sont tracées par le régulateur de l’exchange. Si le casino est illégal, cela peut entraîner la fermeture de votre compte sur l’exchange.

La deuxième règle est de limiter le dépôt initial à une somme que vous êtes prêt à perdre intégralement. Avec des exigences de mise de 40x, le dépôt doit être considéré comme un débit pour un divertissement. Fixez-vous un budget hebdo en euro équivalent, et convertissez-le en stablecoin si possible. Les stablecoins (USDC, USDT) permettent de stabiliser la valeur du dépôt, mais ils comportent eux-mêmes un risque de contrepartie, surtout USDT dont les réserves ne sont pas entièrement auditées.

La troisième règle concerne le retrait. Avant d’engager une partie, vérifiez les frais de retrait et le délai. Beaucoup de casinos facturent des frais de réseau pour les retraits en Bitcoin, qui sont souvent supérieurs aux frais réels de transaction. Par exemple, un casino peut prélever 1 000 satoshis de frais, alors que le réseau en demande 10. Cette marge est leur marge. Il est préférable de retirer en Ethereum ou LTC pour minimiser les frais, mais cela dépend de l’opérateur.

Enfin, conservez une preuve de chaque transaction : captures d’écran de l’historique de jeu, messages du support. Si un litige survient, ces éléments seront les seuls à faire foi. Sans preuve, tout est parole contre parole, et la blockchain est indifférente à vos malheursCette traçabilité a aussi un enjeu fiscal. En France, les gains réalisés sur les jeux d’argent en ligne ne sont pas imposables, car ils sont considérés comme des revenus exceptionnels issus de la chance. C’est le cas pour les paris sportifs, le poker et les jeux de casino traditionnels. Pour les cryptomonnaies, la situation est plus délicate. Si vous déposez des bitcoins dans un casino et que vous les convertissez ensuite en euros après un gain, l’administration fiscale peut considérer cette opération comme une plus-value sur actifs numériques. En 2025, la flat tax de 30 % s’applique aux plus-values de cession de cryptos, mais uniquement si vous échangez vos jetons contre une monnaie fiduciaire. Si vous jouez directement en BTC sans jamais les revendre, aucun impôt n’est dû. En revanche, si vous retirez vos gains en BTC puis les convertissez en euros, la plus-value est imposable, déduction faite de vos dépôts initiaux. Cette nuance est souvent ignorée des joueurs, qui se retrouvent avec un redressement plusieurs années après les faits.

La question des faillites et des arnaques est un autre angle sous-estimé. Derrière l’interface soignée d’un crypto casino se cache parfois une simple plateforme de collecte de fonds. Les opérateurs peu scrupuleux utilisent des stratagèmes classiques : ils annoncent un « maintenance mode » (mode maintenance) pendant des semaines, suspendent les retraits sous prétexte de « vérifications renforcées », puis finissent par fermer le site. Selon les archives de forums spécialisés, une dizaine de crypto casinos ont disparu du jour au lendemain entre 2023 et 2025, emportant les dépôts des joueurs. La régulation, là encore, est le seul rempart. Mais elle n’existe pas en France pour ces produits. Si vous êtes victime, votre seule option est de porter plainte au pénal pour escroquerie, avec l’espoir que l’enquête aboutisse. Statistiquement, les chances sont minces : les serveurs sont souvent situés dans des pays sans coopération judiciaire avec la France.

Certains joueurs choisissent pourtant de se tourner vers les cryptos pour une raison simple : la rapidité des transactions. Les délais de traitement des casinos en ligne classiques, comme Betclic ou Winamax, peuvent atteindre 72 heures pour un retrait bancaire. Avec un crypto casino, le retrait est souvent instantané, ou presque. Cette vitesse est un vrai avantage pour ceux qui gèrent un bankroll important et ne veulent pas attendre plusieurs jours. Mais elle a un revers : en cas d’erreur de saisie d’adresse, les fonds sont perdus à jamais, sans recours possible. La blockchain est sans pitié, et aucun service client ne pourra vous rembourser une transaction erronée. C’est le genre de détail que les sites mettent rarement en avant.

La question des bonus mérite qu’on s’y attarde. Dans les crypto casinos, les offres de bienvenue atteignent souvent des niveaux vertigineux : 300 %, 500 %, voire plus. L’explication est simple : ces coûts sont compensés par des exigences de mise irréalistes et une participant au « money management » des joueurs. Les règles autour des bonus sont parfois rédigées de manière à ce que le joueur ne puisse jamais retirer le bonus lui-même. Par exemple, un casino peut interdire les paris supérieurs à 5 € tant que le bonus est actif, et limiter le retrait des gains issus du bonus à 500 €, quel que soit le montant accumulé. Ces clauses sont légales puisque rien ne les encadre. Les joueurs qui ne lisent pas les conditions générales (c’est-à-dire la majorité) s’en mordent les doigts.

Un autre aspect que les novices négligent : le fonctionnement du « provably fair ». Dans un casino traditionnel, vous ne pouvez pas vérifier que le résultat du jeu est aléatoire. Avec le provably fair, c’est techniquement possible. Vous recevez un identifiant de partie, un seed du serveur et un seed client. En combinant ces éléments, vous pouvez calculer le résultat et vérifier qu’il correspond à celui affiché. Mais cette vérification demande un minimum de compétences techniques. En pratique, peu de joueurs savent le faire, et les casinos le savent. Ils s’appuient sur la réputation de la technologie pour rassurer, tout en appliquant des house edge parfois plus élevés que dans les casinos européens. Par exemple, un jeu de blackjack avec un avantage de la maison de 2 % est mauvais, mais beaucoup de crypto casinos le proposent.

Pour finir, une évidence s’impose : les crypto casinos ne remplacent pas les casinos légaux pour le joueur qui recherche une protection. Mais pour le joueur averti, qui accepte les risques et comprend les mécanismes, ils peuvent constituer une alternative exotique, avec des jeux originaux comme les crash games et une communauté internationale. Toutefois, la prudence doit rester le maître mot. Fixez-vous des limites de dépôt, quittez la table après un gain significatif, et ne réinvestissez jamais vos gains dans d’autres jeux à haute volatilité. Le crypto n’est pas un jeu comme les autres, c’est un produit spéculatif blendé à un produit de loisir. Ce double statut en fait une activité à double tranchant.

En 2026, le paysage juridique français n’a pas encore évolué sur ce point. L’ANJ continue de publier ses mises en garde, et les opérateurs légaux restent confinés aux paris et au poker. Si le gouvernement devait un jour légaliser les casinos en ligne, les crypto casinos obtiendraient probablement une licence limitée, avec des exigences de jeu responsable et de paiement en euros. D’ici là, les joueurs tricolores qui s’aventurent sur ces plateformes le font à leurs risques et périls. Leur meilleure protection ne se trouve pas dans un contrat d’assurance, mais dans leur propre discipline : ne jouer que de l’argent dont la perte ne changera rien à leur vie. Le reste n’est que littérature, et parfois, un peu de blockchain.