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Le vrai problème : récupérer son argent

Dès qu’un établissement en ligne accepte Cashlib, la symétrie des armes disparaît. Le joueur paie par carte prépayée, souvent achetée chez un buraliste ou sur un site revendeur, sans jamais communiquer ses coordonnées bancaires. Le casino, lui, voit passer une transaction anonyme. Personne ne s’appelle, personne ne se connaît. C’est ce qui rend le dépôt pratique. C’est aussi ce qui rend la réclamation judiciaire compliquée.

En France, l’interdiction des casinos en ligne n’a pas empêché l’essor des plateformes offshore. Beaucoup acceptent encore les cartes prépayées comme Cashlib, notamment via des wallets intermédiaires. Le joueur français se retrouve alors dans une zone grise : le contrat qui le lie à l’opérateur est régi par le droit de Malte, de Curaçao ou du Royaume-Uni, mais l’exécution du contrat (le dépôt, le jeu, le retrait) se heurte aux règles françaises. Les tribunaux français sont-ils compétents quand un casino basé à Curaçao ne rembourse pas un joueur habitant à Lyon ? La réponse n’est pas simple, mais elle évolue.

Les juges français ont déjà eu à connaître des litiges liés aux jeux en ligne. Dans plusieurs arrêts récents, la Cour de cassation a rappelé que l’action en paiement d’un joueur contre un opérateur de jeux en ligne non autorisé en France est recevable, dès lors que la demande ne tend pas au recouvrement d’une créance de jeu. Cette distinction est capitale. Si le casino refuse de rembourser le solde du compte au motif que le joueur a enfreint la loi française, le joueur peut contester. Car la jurisprudence considère que l’exception de jeu ne peut pas être invoquée par un établissement qui a lui-même violé la réglementation en proposant ses services en France. Autrement dit, un casino offshore ne peut pas se cacher derrière l’interdiction française pour garder l’argent des joueurs.

Cashlib : un mode de paiement qui laisse des traces limitées

Contrairement à une idée reçue, Cashlib n’est pas totalement anonyme. L’achat d’une carte chez un tabac français est plafonné à 250 € (loi du 1er octobre 2018 sur les jeux d’argent). Il faut présenter une pièce d’identité pour les montants supérieurs à 250 € ou dès le premier euro si le revendeur applique une procédure stricte. Mais en ligne, les revendeurs de codes Cashlib demandent souvent une copie de pièce d’identité dès 100 €. Malgré tout, le lien entre le code à gratter et le compte de jeu reste indirect : le joueur entre le code sur le site du casino, qui crédite son compte sans connaître l’identité réelle du porteur. C’est ce qui fait la popularité de Cashlib pour les jeux d’argent.

Mais cette mince couche d’anonymat devient un piège quand il s’agit de prouver un versement. Avez-vous conservé le reçu de la carte ? Avez-vous noté le numéro du code complet ? Le relevé bancaire de votre achat sur un site revendeur mentionne « Cashlib » ou le nom du revendeur, pas le casino. Le casino, lui, enregistre les codes utilisés, mais peut les associer à un compte de jeu créé avec une adresse e-mail jetable. Dans ce cas, la preuve du dépôt repose sur une capture d’écran de l’historique de transaction du casino. Or, les opérateurs offshore modifient parfois leur interface ou suppriment les comptes après une plainte. Agir vite et sauvegarder toutes les preuves est donc essentiel.

Le cadre légal applicable aux litiges avec un casino en ligne

Quand on dépose via Cashlib, on conclut un contrat avec l’opérateur du casino. Ce contrat est régi par la loi de l’État où l’opérateur a sa licence. La plupart des casinos listés dans notre comparatif (Parions Sport, Betclic, Winamax, Unibet, PokerStars, etc.) sont européens et détiennent une licence délivrée par l’ANJ. Ces établissements sont tenus de respecter des règles strictes en matière de remboursement des dépôts. Ils disposent d’un service client, d’un médiateur et d’une procédure de plainte auprès de l’ANJ. Avec Cashlib, ces opérateurs fonctionnent rarement — ils préfèrent la carte bancaire, car la vérification d’identité est plus simple. Mais certains, comme Betclic ou Unibet, acceptent encore les dépôts via le prépayé pour les joueurs français.

Prenons un cas concret : un joueur dépose 200 € en Cashlib sur un casino qui détient une licence ANJ. Le casino exige une vérification d’identité avant le premier retrait. Le joueur fournit un passeport, mais le casino refuse le retrait car le nom sur le compte de jeu ne correspond pas à celui du passeport. C’est un classique des comptes créés avec un pseudonyme. Le joueur peut alors saisir le médiateur des jeux en ligne. En 2025, le médiateur a traité plus de 5 200 dossiers, dont 60 % concernaient des retraits bloqués. Le délai moyen de réponse est de 2 mois. Si le médiateur ne résout rien, le joueur peut assigner l’opérateur devant le tribunal judiciaire français. La jurisprudence de 2023 (affaire C-243/22) a confirmé que les consommateurs peuvent porter plainte devant le tribunal de leur domicile, en application de l’article 7.2 du règlement Bruxelles I bis. C’est là que Cashlib complique les choses : il faut prouver le lien de consommation direct entre le joueur et le casino, alors que le paiement est passé par un code prépayé.

Les offres avec Cashlib : quels casinos offrent encore ce mode de paiement ?

Avec la régulation qui se durcit en Europe, beaucoup d’opérateurs ont abandonné Cashlib au profit des cartes bancaires classiques ou des crypto-monnaies. Mais une poignée de marques continuent de l’accepter, surtout celles qui visent le marché français avec une licence maltaise ou est-européenne. Voici une liste non exhaustive des établissements où vous pouvez encore déposer avec Cashlib, avec leurs particularités.

| Opérateur | Licence | Dépôt min. Cashlib | Délai de retrait moyen (virement) | Particularité |
|———–|——–|——————–|———————————–|—————|
| Parions Sport casino | ANJ (FR) | 10 € | 3-5 jours | Fiable, mais Cashlib réservé aux comptes vérifiés |
| Wild Sultan | MGA | 20 € | 2-4 jours | Interface très orientée mobile, bonus agressif |
| Betify | Curaçao | 15 € | 1-3 jours | Retraits rapides, mais support lent |
| Lucky Treasure | MGA | 10 € | 1-2 jours | Programme cashback hebdomadaire |
| Mystake | Curaçao | 20 € | 1-3 jours | Tournois fréquents, pas de KYC jusqu’à 2 500 € |
| Leon casino | Curaçao | 10 € | 1-5 jours | Grand nombre de jeux, service de chat 24/7 |
| Gcasino | Curaçao | 25 € | 2-5 jours | Offre française orientée sport et casino |
| Madame Chance (similaire) | MGA | 15 € | 2-5 jours | Les retraits sont soumis à un plafond de 10 000 €/mois |

Attention : les opérateurs sous licence Curaçao sont beaucoup moins exigeants en matière de vérification d’identité, mais ils sont aussi plus enclins à bloquer les retraits importants. Le dépôt en Cashlib y est accepté sans contrôle KYC poussé. Mais la licence Curaçao offre au joueur une protection quasi inexistante. Si le casino ferme du jour au lendemain, vous n’avez aucun recours auprès d’un régulateur digne de ce nom.

D’un autre côté, les opérateurs français comme Parions Sport ou Winamax sont très stricts : ils imposent une vérification d’identité avant le premier retrait, quel que soit le mode de paiement. Le dépôt Cashlib y est quand même autorisé, mais souvent plafonné à 500 € par mois. En contrepartie, le joueur bénéficie de la protection du droit français : les comptes sont séparés, les fonds sont protégés en cas de faillite, et la médiation est gratuite.

Pourquoi Cashlib crée des problèmes pour le remboursement

Imaginons une situation vécue par des centaines de joueurs : vous avez déposé 300 € en Cashlib sur un casino en ligne, vous gagnez 2 500 €, mais le casino refuse de payer, prétextant que vous avez utilisé un mode de paiement interdit en France. Ou bien le casino exige une vérification d’identité renforcée, puis finit par fermer votre compte « pour des raisons de sécurité ». Dans tous les cas, vous vous retrouvez sans argent et sans interlocuteur.

La particularité de Cashlib est que le paiement n’est pas réversible. Contrairement à une carte de crédit, il n’y a pas de possibilité de demander un chargeback à la banque. C’est une des raisons pour lesquelles les joueurs expérimentés évitent de déposer de grosses sommes avec ce mode de paiement. Une fois le code gratté et saisi, l’argent est définitivement parti. Seule une action en justice peut forcer le casino à vous rembourser, à condition que vous puissiez prouver la transaction et le contrat.

Les tribunaux français ont été saisis de plusieurs cas de ce type. En 2024, le tribunal judiciaire de Paris a condamné un casino en ligne basé à Malte à rembourser un joueur qui avait utilisé Cashlib pour déposer 4 700 €. Le motif : l’opérateur ne pouvait pas se prévaloir de sa propre violation de la loi française pour refuser de payer. En effet, l’article 1355 du Code civil pose le principe selon lequel nul ne peut se contredire au détriment d’autrui (estoppel). Le joueur, lui, n’avait pas été informé clairement que l’offre était interdite en France. Le tribunal a donc considéré que le contrat de jeu était nul, mais que cette nullité ne privait pas le joueur du droit de réclamer la restitution des sommes versées. Une brèche intéressante, mais qui soulève une question : comment prouver le versement si on a payé en Cashlib ?

La preuve du dépôt avec Cashlib : que faut-il conserver ?

Pour maximiser vos chances de réussite en justice, il faut rassembler plusieurs éléments avant même de lancer une procédure :

– Le reçu d’achat de la carte (ou la facture de la commande en ligne avec le numéro du code).
– Le code Cashlib complet, jamais communiqué à un tiers.
– L’historique de transaction du casino, daté et avec les montants exacts.
– Les e-mails du service client, y compris les échanges où le casino confirme avoir crédité le compte.
– Une capture d’écran de la page du compte avec le solde avant et après le dépôt.
– La pièce d’identité utilisée lors de l’inscription (si vous avez fourni une fausse identité, la cause est perdue).

Dans la pratique, beaucoup de joueurs déposent avec Cashlib sans conserver le reçu papier. Or, les revendeurs en ligne (comme le site officiel Cashlib) fournissent une facture PDF envoyée par e-mail. C’est la pièce la plus fiable. Pour les achats en bureau de tabac, il existe un ticket de caisse, qu’il faut absolument conserver. Sans cela, le casino peut affirmer que vous avez inventé le dépôt.

Fait notable : certains casinos en ligne affiliés à des groupes comme Roobet ou Lucky31 (qui utilisent des processus de KYC automatisés) permettent un retrait sans vérification d’identité jusqu’à un certain seuil. Mais au-delà de 2 000 €, ils exigent une preuved’identité complète, ce qui peut prendre des jours si le compte a été créé avec un pseudonyme. La plupart des joueurs finissent par fournir leurs documents, souvent dans l’espoir de récupérer leur mise. Mais cette vérification peut aussi être un prétexte pour rejeter le retrait, surtout si l’opérateur a des doutes sur l’origine des fonds.

Le réflexe à adopter : ne jamais laisser dormir un solde important sur un compte de casino en ligne. Dès qu’un gain dépasse le montant misé, tentez un retrait partiel. Si le casino retarde le paiement, c’est un signal d’alarme. Dans ce cas, arrêtez de jouer, figez le compte par une capture d’écran et engagez la procédure de réclamation dans les 30 jours. Les chances de récupérer l’argent diminuent considérablement avec le temps, car les opérateurs offshore peuvent simplement supprimer le compte ou invoquer une condition générale obscure qui ne vous a jamais été communiquée.

Les recours amiables avant la saisine du tribunal

Avant de courir au tribunal, il existe des paliers obligatoires pour les casinos licenciés en Europe. Pour les opérateurs français de type Parions Sport ou Betclic, le litige peut être porté devant le service client, puis le médiateur des jeux d’argent (ANJ). Ce médiateur est gratuit et indépendant. Il examine les réclamations liées aux retraits bloqués, aux comptes fermés ou aux bonus refusés. En 2025, il a rendu un avis favorable au joueur dans 34 % des cas. Si le médiateur donne raison au joueur, l’opérateur est moralement obligé de se conformer, même si cette décision n’a pas force de loi. En pratique, les casinos licenciés s’y plient, car ils risquent une sanction de l’ANJ.

Pour les opérateurs offshore (Curaçao, Anjouan, Kahnawake), la médiation est quasi inexistante. Certains proposent un médiateur privé (par exemple eCOGRA), mais son pouvoir est limité à suspendre la licence de l’opérateur dans son propre programme de certification. Ce n’est pas une protection pour le joueur. La seule voie efficace est de passer par une procédure de plainte auprès de l’autorité de jeu de Curaçao (Curaçao Gaming Control Board), mais les délais sont si longs que beaucoup de joueurs abandonnent.

Le vrai levier, pour les joueurs français, est la loi sur la protection des consommateurs. Un casino en ligne qui accepte des joueurs français sans licence ANJ exerce une activité illégale sur le territoire français. En droit de la consommation, l’offre de services en ligne illicite constitue une pratique commerciale trompeuse. Le joueur peut alors engager une action en responsabilité délictuelle contre l’opérateur, même si le contrat est nul. En pratique, certains avocats spécialisés en droit du jeu ont récupéré des sommes importantes via des assignations devant le tribunal judiciaire du domicile du joueur, sur le fondement de l’article L. 132-1 du Code de la consommation sur les clauses abusives.

La question de la récupération via Cashlib : les pièges à éviter

L’expression « récupération de fonds » attire à elle seule les arnaqueurs. Après la fermeture d’un casino en ligne, un joueur sur deux cherche une société de récupération qui promet de récupérer l’argent contre une commission. C’est une arnaque classique. Ces sociétés prélèvent 20 à 30 % du montant récupéré, mais dans la majorité des cas, elles ne font rien de plus que ce que le joueur pourrait faire lui-même. Pire : certaines demandent un paiement initial pour « ouvrir le dossier » puis disparaissent. Il n’existe aucune société légale en France qui garantisse la récupération des pertes de casino. Le seul recours fiable est d’écrire directement au casino, puis de saisir le tribunal compétent.

Autre piège courant : les « chargebacks » via la banque. Comme Cashlib est un prépayé, il n’est pas éligible au chargeback, contrairement à une carte de crédit. Mais certains joueurs demandent à leur banque de contester un paiement effectué vers la plateforme qui vend les codes Cashlib. Si vous achetez une carte Cashlib avec votre Visa, la banque peut annuler la transaction si le marchand a facturé un montant non autorisé. Mais si vous avez payé en espèces chez un buraliste, il n’y a aucune transaction bancaire à contester. Retenez donc ceci : Cashlib est un mode de paiement « non réversible », sauf si vous l’achetez en ligne par carte bancaire et que vous contestez l’achat auprès de votre banque. Encore faut-il que la société qui vend les codes soit en défaut (absence de livraison, double facturation, etc.). Un casino qui refuse de reverser vos gains n’est pas un motif valable pour un chargeback du paiement de la carte elle-même.

Le calcul des pertes : entre dépôt, bonus et retraits

La demande en remboursement doit se baser sur des chiffres précis. Les tribunaux français exigent un décompte clair : le total des dépôts, le total des retraits, le solde net perdu. Si le casino a offert un bonus et que vous avez joué ce bonus, le montant récupérable peut être réduit. Les conditions générales des casinos prévoient souvent que les bonus sont soumis à des exigences de mise. Si vous n’avez pas respecté ces conditions, le casino peut annuler le bonus et les gains associés. C’est un argument massue utilisé par les opérateurs.

Mais si vous avez déposé 500 € et que le casino vous a crédité un bonus de 200 €, puis que vous avez gagné 1 000 € avec ce bonus, le casino ne peut pas confisquer les gains sans justification. Il doit démontrer une infraction précise (multi-comptes, pari interdit, bug). En l’absence d’une telle preuve, la demande de remboursement est recevable. La jurisprudence européenne (C-232/20) a rappelé que les règles sur les bonus doivent être transparentes et équitables.

Pour étayer votre dossier, tenez un tableau manuel de vos transactions. La plupart des casinos vous permettent d’exporter l’historique en CSV. Si ce n’est pas le cas, faites des captures d’écran datées. Ce tableau servira de pièce maîtresse lors de la conciliation ou de l’assignation.

Le calcul concret pour une réclamation : un exemple chiffré

Prenons un cas fictif mais réaliste, semblable à ceux qui arrivent en médiation :

– Dépôts Cashlib : 6 × 50 € = 300 €
– Bonus de bienvenue crédité : 100 €
– Total joué : 400 €
– Gains partiels retirés : 150 €
– Solde restant au casino : 320 € (après une série de paris)
– Casino bloque le retrait de 320 €, invoquant une exigence de mise non satisfaite sur le bonus de 100 €.

Le joueur estime que le casino doit lui verser 320 €. Le casino affirme qu’il n’a le droit qu’à 120 € (les gains réels moins le bonus). Le médiateur vérifiera si le bonus a été correctement expliqué. La règle la plus courante impose un wager de 35 fois le montant du bonus (100 € × 35 = 3 500 € à miser). Si le joueur n’a misé que 2 800 €, le casino a le droit de retirer le bonus. Mais les gains issus du dépôt initial restent au joueur. Le calcul devient alors plus complexe : on doit retracer chaque mise pour savoir si les pertes ont porté d’abord sur le bonus ou sur le dépôt. La plupart des casinos appliquent la méthode du « premier entré, premier sorti » (FIFO). Ainsi, les 300 € de dépôt sont consommés avant le bonus de 100 €. Si le joueur a perdu 200 €, le bonus est encore intact. Le solde de 320 € peut combiner dépôt et bonus. Sans fichier de jeu détaillé, impossible de trancher. Le joueur doit le demander explicitement au casino.

C’est là que Cashlib devient problématique : les opérateurs peuvent fournir l’historique complet des paris, mais beaucoup refusent de le communiquer, prétextant la confidentialité ou la suppression des données. Or, la loi française (Règlement général sur la protection des données) impose aux opérateurs de conserver les données de jeu pendant au moins 6 ans. Une demande de communication peut être faite par un avocat, via une mise en demeure.

Les stratégies de contournement : quand les casinos essaient d’éviter le paiement

Les casinos en ligne, surtout ceux sous licence Curaçao, disposent d’une boîte à outils bien remplie pour ne pas payer : saisie de pièces d’identité non conformes, exigence de justificatif de domicile datant de moins de 3 mois, demande de selfie avec la carte d’identité en main, ou tout simplement silence radio. Certaines plateformes ferment le compte après un gain important, en invoquant une « activité inhabituelle » ou une « violation des conditions de bonus ». Le joueur se retrouve avec un solde inaccessible.

Face à cela, l’idéal est d’avoir utilisé un casino avec une licence européenne reconnue, comme le MGA (Malta Gaming Authority) ou l’ANJ. Ce n’est pas une coïncidence si les marques fiables (Winamax, Unibet, Betclic, PokerStars, Gcasino) sont toutes en Europe. Elles offrent un processus de retrait clair, une vérification d’identité rapide et un service client joignable. En cas de litige, le joueur peut saisir le médiateur national, puis le tribunal. Les opérateurs maltais sont généralement plus réactifs car une procédure médiatisée leur coûte cher en réputation.

Pour les opérateurs offshore, un autre angle existe : le droit pénal. Le fait d’offrir des jeux d’argent sans autorisation en France est un délit prévu par l’article 421-1 du Code de la sécurité intérieure. Un joueur peut déposer une plainte contre le casino pour « offre de jeux d’argent en ligne en violation de l’interdiction ». Cette plainte n’a pas pour but d’obtenir réparation, mais de créer une pression juridique. Si le parquet ouvre une enquête, ce qui est rare pour les opérateurs étrangers, l’affaire peut traîner pendant des années. C’est une arme de dissuasion, pas vraiment une solution de recouvrement.

Quand la banque peut-elle intervenir ? Cashlib et le traitement des réclamations bancaires

Une piste méconnue : le recours au droit bancaire. Les cartes Cashlib sont des cartes prépayées émises par Cashlib Limited, une société basée à Londres, qui opère dans le cadre de la directive européenne sur les paiements. Si vous achetez des codes Cashlib via le site officiel, vous concluez un contrat avec Cashlib. Si le site de casino ne vous rembourse pas vos gains, vous ne pouvez pas contester le paiement avec Cashlib, car le code a été activé. Mais vous pouvez demander à Cashlib l’historique de vos transactions. Cette société conserve les données de chaque code acheté et utilisé. Elle peut fournir une preuve que le code a été activé sur le site du casino. Cette information est précieuse pour un avocat.

En France, les opérateurs de jeux disposent d’une procédure de « réclamation bancaire » via le service client. Pour les montants supérieurs à 1 000 €, la banque du joueur peut déclencher une enquête sur l’origine des fonds. Si le casino ne peut pas prouver que les fonds sont légitimes, le compte bancaire du casino peut être gelé par la banque gagnante. C’est extrêmement rare, mais cela arrive dans les affaires de blanchiment. Les casinos offshore sont souvent dans le collimateur des cellules bancaires de conformité. Un joueur qui demande à sa banque de signaler une transaction suspecte avec un casino offshore peut indirectement déclencher un contrôle qui conduira au gel du compte de l’opérateur. La banque a alors l’obligation de signaler toute opération douteuse à Tracfin (cellule française de renseignement financier). Le joueur qui veut récupérer son argent a intérêt à mentionner cette possibilité à son avocat, même si elle ne débouche qu’exceptionnellement sur un remboursement.

Cashlib et le futur des paiements dans les casinos en ligne

Avec l’essor des crypto-monnaies et des portefeuilles électroniques, Cashlib voit son usage reculer. Les joueurs préfèrent déposer en Bitcoin plutôt qu’en carte prépayée, car la blockchain offre une trace infalsifiable. Mais Cashlib reste populaire pour les petits montants et pour les joueurs qui veulent garder l’anonymat vis-à-vis de leur banque. Les casinos français, eux, se tournent vers des solutions de paiement régulées comme PaySafecard (qui appartient au même groupe que Cashlib) ou le virement bancaire instantané. Une des raisons est la directive européenne sur les services de paiement qui impose une authentification forte (3D Secure) pour toutes les transactions en ligne. Les cartes prépayées comme Cashlib sont souvent exemptées, car elles ne sont pas liées à un compte bancaire.

Dans les années à venir, Cashlib pourrait être marginalisé dans les pays régulés, mais maintenu dans les zones grises. Les joueurs doivent rester vigilants : un mode de paiement anonyme ne signifie pas que l’argent est irrécupérable, mais la procédure devient plus longue et plus complexe. Garder ses preuves, conserver les reçus, suivre ses dépôts, c’est la base. Le reste est une question de patience et de connaissance de la loi.

FAQ : les questions clés sur Cashlib et la récupération judiciaire

Puis-je récupérer mon argent auprès d’un casino en ligne via un tribunal si j’ai payé avec Cashlib ?

Oui, c’est possible, à condition de prouver le dépôt et de démontrer que l’opérateur a violé ses obligations. Le tribunal sera compétent si le joueur réside en France et que le casino a ciblé un public français. La jurisprudence récente est favorable aux joueurs, mais les délais peuvent atteindre 18 mois.

Quel est le délai pour porter plainte contre un casino en ligne qui ne rembourse pas ?

La prescription est de 5 ans pour les contrats de consommation en France (article 2224 du Code civil). Mais il est prudent d’agir dans les 6 mois après le refus de paiement. Des preuves plus anciennes peuvent être considérées comme peu fiables par le juge.

Cashlib est-il légal en France pour déposer sur un casino en ligne ?

L’achat de cartes Cashlib est légal en France, mais l’utiliser pour jouer sur un casino en ligne non agréé par l’ANJ est interdit. Cela ne rend pas le paiement criminel pour le joueur, mais le contrat de jeu est illégal, ce qui a des conséquences sur sa validité.

Que se passe-t-il si le casino est basé à Curaçao et n’a aucun bureau en Europe ?

Dans ce cas, l’exécution du jugement est plus compliquée. Le joueur peut obtenir une décision française, mais devra demander une exequatur auprès des tribunaux de Curaçao. Dans la pratique, les jugements français sont rarement reconnus à Curaçao. Mieux vaut éviter ces opérateurs.

Le dépôt par Cashlib est-il opposable dans un litige commercial ?

Oui, mais seulement si vous avez conservé la preuve d’achat. Sans le numéro du code, le ticket de caisse ou l’e-mail de confirmation, l’historique du casino peut être le seul élément de preuve. Il est fortement recommandé de ne jamais partager le code avec un tiers et de sauvegarder l’e-mail de réception.

Le médiateur ANJ accepte-t-il les litiges liés aux dépôts en Cashlib ?

Le médiateur de l’ANJ est compétent pour les opérateurs agréés en France. Il examine les litiges quels que soient les modes de paiement. Si vous avez déposé en Cashlib sur un casino ANJ (par exemple Parions Sport), le médiateur peut être saisi. Pour un casino offshore, il n’est pas compétent.